Chaussure trop serrée, orthèse plantaire et cale-pieds mal adaptés, trouble statique du pied… le syndrome du « feu au pied » est courant chez les cyclistes. Voici quelques conseils pour éviter d’avoir les pieds qui brûlent à vélo.

Lorsque vous pédalez, la majorité de l’énergie dépensée par les muscles est transformée en chaleur. L’effort augmente aussi la circulation sanguine. Qui dit effort important dit augmentation du stockage de sang dans les membres inférieurs. La semelle veineuse s’engorge. Quand les températures dépassent les 30°C, le pied n’arrive plus à refroidir. Quelques conseils

Avant de partir

  • Achetez des chaussures à votre pied, de couleurs claires. Elles ne doivent être ni trop serrées ni trop petites. Si elles sont trop grandes, le pied va bouger. Vous allez devoir serrer davantage les sangles, ce qui va freiner le retour veineux.
  • Réglez correctement vos cale-pieds. L’appui doit se faire entre l’articulation du gros et du petit orteil, au niveau du coup fort du pied, l’endroit où il est le plus large.
  • Optez pour des semelles qui favorisent le retour veineux.
  • Préférez des socquettes blanches aux fibres favorisant la respiration pour évacuer la sueur et qui ne serrent pas les chevilles. Misez aussi sur des modèles stimulant le retour veineux.
  • Supprimez toutes les causes de compression. Gare aux cuissards trop serrés.
  • Talquez vos pieds avant d’enfiler vos chaussettes afin de réduire la transpiration.

 

Sur le vélo

  • Tournez les jambes sur le vélo… Pédaler en vélocité avec un petit plateau oblige à mouliner sans forcer. Vous faciliterez le retour veineux.
  • Mettez pied à terre et marchez un peu. L’appui des pieds sur le sol active le pompage du sang dans les veines.
  • Desserrez les sangles des cale-pieds et des chaussures.

 

À la maison

  • Terminez la douche à l’eau froide. Montez plus haut que le niveau du nombril.
  • Massez-vous les jambes avec une crème ou un gel rafraîchissant. Vous combinez ainsi les deux effets.
  • Portez des chaussettes de compression. Après l’effort, elles optimisent la récupération et permettent un retour veineux plus rapide.

 

Lien pour télécharger l’article de Cyclotourisme n°707 (Décembre 2020) : S&S_1 Pages Santé revue Cyclotourisme 707 décembre 2020

Contribution d’A. Picard à ces deux articles

Messieurs,

Bonjour, et merci pour les articles de la rubrique SANTÉ.

Je trouve que depuis que le Dr Yau est médecin fédéral, les articles (qu’il valide ?) sont de grande qualité.

Le vôtre est dans la lignée ; néanmoins, il amène quelques propositions de ma part :

Je vous mets en pièce jointe votre article, en ayant onyxé les passages qui m’ont « interpelé ». Lecture et compréhension en seront facilitées.

1°/ Le périnée et le vélo

Aucun désaccord avec tous vos propos.

2°/Pathologie du poignet

2.1 – Le syndrome De la loge de Guyon : rien à en dire (sauf, la cause vasculaire est un mouton à 5 pattes).

2.2 – Le syndrome du canal carpien : pour reprendre vos termes « Le froid exacerbant le phénomène, c’est au petit matin que le cyclo de Paris-Brest y sera le plus sensible….. », comme pour le Guyon, le « Brestard » aura fait subir à ses poignets dès le premier petit matin au moins 8 à 10 heures de vibrations (selon l’heure de départ) …… le syndrome existe même par petit matin chaud. Le froid importe peu, ce n’est pas (comme vous le signaler) un syndrome de Raynaud.

3°/Y’a « l’feu aux pieds » !

Là encore : « il s’agit essentiellement d’un retour veineux déficient. »

Cela laisse entendre que nos cyclos variqueux y sont plus sensibles ?

Par ailleurs : « il faut savoir interpréter les signes….. » ; « …ça chauffe ! » ; « ..ça brûle ».

« …., il faut savoir interpréter les signes … »++++++

Pourquoi abandonnez vous la cause compressive, comme pour le périnée et les poignets ?

L’aspect vasculaire est tout à fait secondaire, l’activité cyclo n’est pas celle des marcheurs de Paris-Strasbourg (qui finissaient avec des chaussures taillant 1 ou 2 pointures de plus (la semelle veineuse de Lejars finissant par exsuder un peu et faire gonfler le pied

3.1 – chaussures et chaussettes :

Vous employez le terme «… échauffements …», tout à fait approprié, ce sont des douleurs par frottements (comme les brûlures indiennes que nous infligions à nos poignets, ou plutôt à ceux de nos petits camarades en cour d’école primaire) quand les chaussures sont trop grandes.

3.1.1 – Pour le confort : bien sûr des chaussures adaptées et pour éviter la « strangulation » du pied (par la vasodilatation minime et la sueur plus ou moins importante) des chaussettes dites en fils d’Écosse ; elles acceptent leur poids de sueur avant d’augmenter de volume (qualité hydrophile)….. Retardant ainsi la compression dans la chaussure……Mais celle-ci, si elle survient n’est pas intolérable, elle n’est qu’un inconfort.

3.1.2 – les chaussures à semelles thermoformables : ne font que retarder l’apparition des brûlures sous le pied ; par ailleurs, il faut, dès l’achat (cher pour ce type de chaussures), les chauffer et les enfiler chaudes pour que la semelle prenne la forme (à peu près) de la voute plantaire ….. Avant leur utilisation.

4°/Comment prévenir le « feu aux pieds »

4.1 – « …., il faut savoir interpréter les signes … »++++++ pour reprendre vos écrits.

Les sensations de brûlures, fourmillements, sont des signes fonctionnels de type neurologique.

Les sensations de lourdeur, gêne, fatigue, associées à un signe du godet évoquent plutôt une origine veineuse.

Dans le « feu plantaire», on a plutôt les premiers !

4.2 –Le tripode plantaire

La voûte plantaire est un amortisseur naturel, avec 3 points d’appui (base du gros orteil, base du 5ième orteil et talon. Donc 3 arches : antérieure, externe et interne) à concavité inférieure.

4.3 – Au cours des randonnées longue distance, l’arche antérieure finit par s’affaisser, reproduisant les signes cliniques d’un syndrome de Morton ; les os métatarsiens « comprimant » les nerfs inter-métatarsiens ; d’où les douleurs à type de brûlure.

On retombe, comme pour périnée et poignets, sur une cause compressive.

 

     4.4 – Supprimer les douleurs

 

Porter des semelles avec olive rétro-capitale médiane impose une courbure à la palette des têtes métatarsiennes qui augmente l’espace inter-métatarsien et donc libère le nerf sensitif des orteils de toute pression ; l’olive se place juste en arrière des têtes métatarsiennes pour les soulever afin de diminuer la pression d’appui  de cette zone douloureuse.

Il existe des modèles industriels standards (quelques dizaines d’€), correspondant aux pointures….. Et des modèles faits par des podologues sur prescription médicale rhumatologique (plus onéreux).

Dr A. PICARD (N°128157 du CC VILLERS St PAUL) *

*celui qui ne souffre plus « du feu plantaire », depuis plus de 20 ans : merci les semelles.

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